Risque routier : première cause de mortalité au travail

Risque routier : première cause de mortalité en accident du travail !

2 décembre 2014

Le risque routier est un risque majeur pour les entreprises. Si certaines agissent déjà pour le diminuer, d’autres n’en ont pas encore conscience. Ce sujet peut sembler secondaire dans la mise en place d’une stratégie de gestion de flotte automobile, pourtant, bien traité, il peut améliorer le TCO (coût total de détention du parc automobile) et la sécurité des salariés.

Le risque routier professionnel concerne l’ensemble des risques liés à l’utilisation d’un véhicule dans le cadre d’une activité professionnelle (principalement les accidents de la route). On distingue deux types de trajet :

  • le trajet « domicile-travail »,
  • le trajet en mission.

Les accidents de la route, première cause de mortalité au travail

Aujourd’hui encore, 1 décès sur 2 au travail résulte d’un accident sur la route. D’un point de vue juridique, les entreprises françaises doivent identifier les risques et mettre en place des actions pour assurer la sécurité de leurs salariés. Cela implique :

  • la création d’actions de prévention, d’information et de formation
  • une organisation interne avec des moyens adaptés.

Ce type d’initiative reste encore peu répandu. Les employeurs connaissent encore trop peu cette problématique. La prise de conscience par les organisations ne se fait pas automatiquement. Elle est souvent déclenchée par des voix externes comme les assureurs, les cabinets de conseil ou l’Assurance Maladie (ristournes accordées « aux entreprises ayant pris des mesures de prévention des risques liés aux accidents de travail et aux accidents de trajet », ameli.fr). L’Etat s’implique également de plus en plus dans la mise en oeuvre d’actions pédagogiques de prévention et de sensibilisations aux risques routiers professionnels.

Malheureusement, c’est encore trop souvent suite à un sinistre grave que les entreprises agissent pour la prévention. En 2016, seules 16% des entreprises françaises avaient pris le problème à bras le corps en proposant à leurs salariés des actions de prévention.

Comment mener des actions de prévention des risques routiers en entreprise ?

Pour une entreprise, entamer une démarche de prévention et de gestion du risque routier reste assez flou et plutôt difficile à mettre en œuvre. La plupart du temps, cela nécessite une aide extérieure pour établir une stratégie efficace à long terme.

Des cabinets de conseil en management du risque routier existent. Ils accompagnent les entreprises en suivant un plan d’action établi.

En premier lieu, comme pour chaque opération d’audit ou de conseil, une analyse de la situation est nécessaire. Il s’agit :

  • de déterminer le type de sinistre récurrent,
  • d’identifier les collaborateurs les plus exposés au risque (accidenté ou multi-accidenté),
  • de savoir si l’entreprise a cerné en amont les risques routiers liés à son activité (inscription des risques identifiés sur le DUER – Document Unique d’Evaluation des Risques).

Il est également important de regarder si le règlement intérieur encadre l’utilisation des véhicules ou s’il existe une charte de bonne conduite. Certaines sociétés disposent d’une charte ou encadrent clairement le risque routier grâce à leur règlement intérieur. Mais elles sont encore trop peu nombreuses. Le consultant peut ainsi établir un état des lieux et identifier les leviers pour améliorer la gestion des risques.

Dans un second temps, en fonction des problématiques identifiées et des priorités, des actions de formation personnalisées pour l’ensemble des salariés itinérants sont proposées. Cette formation se divise en deux parties :

  • une première partie théorique, avec le rappel des risques routiers identifiés dans l’entreprise et l’apport de conseils aux conducteurs,
  • une seconde  partie pratique où le formateur accompagne les stagiaires lors d’un trajet sur route ouverte.

Après la journée de formation, un débriefing est effectué avec les salariés. L’entreprise peut ensuite décider d’aller plus loin dans la démarche préventive.

Les bonnes pratiques pour faire baisser le nombre de sinistres routiers en entreprise

Il existe des moyens simples pour minimiser les risques routiers professionnels, des bonnes pratiques que chacun peut adopter sans difficulté.

La première est d’inviter les salariés à éviter les déplacements inutiles. Les moyens de communication modernes nous permettent d’échanger à distance sans nous déplacer. Les réunions managériales, commerciales ou techniques peuvent être réalisées en visioconférence ou audioconférence.

Les salariés peuvent utiliser les transports en commun ou le train, des moyens de transports plus sûrs que la voiture.

Enfin, si les déplacements sont absolument nécessaires, ils doivent être préparés et encadrés. La direction de l’entreprise ou le gestionnaire de flotte via la Car Policy de l’entreprise doit imposer un temps maximum de conduite, rappeler les règles à adopter, exiger des pauses toutes les deux heures ou encore s’assurer du bon état de véhicule.

Les entreprises doivent avoir à l’esprit que le conducteur n’est pas le seul à engager sa responsabilité en cas d’accident routier. L’employeur, lors d’un sinistre, peut être mis en cause s’il n’a pas assuré la sécurité de son salarié en mettant en œuvre une démarche préventive. A titre d’exemple, dans le cas où un accident est dû à la vétusté ou au mauvais entretien du véhicule, l’employeur pourra être mis en cause.

La gestion du risque routier doit être le souci de chacun, du salarié comme de l’employeur.

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